Le rachat de crédits


Si les prêts immobiliers, et les crédits auto, ont longtemps représentés les formules les plus souscrites, force est de constater que, depuis une vingtaine d’années, la baisse du pouvoir d’achat y contribuant, les crédits à la consommation, et les crédits renouvelables, ont le vent en poupe. Entraînant, parfois, des situations de surendettement, l’ensemble de ces emprunts, et plus particulièrement ces deux dernières formules, peuvent désormais faire l’objet d’un rachat de crédits.

Consistant à regrouper les différents prêts contractés par un emprunteur, ils se présentent généralement sous deux formes distinctes : ceux prévoyant le rachat d’un prêt immobilier, accompagné d’autres crédits de moindre valeur, ou ceux visant essentiellement à réunir ces plus petits emprunts, constitués, la plupart du temps, de prêts dits « à la consommation », et de prêts renouvelables.

Chacune de ces offres proposent donc des conditions différentes, notamment au niveau des sommes libérées. En effet, lorsque ce rachat de crédits est sollicité par un emprunteur, qui se trouve être propriétaire de son logement, ou en accession à la propriété, celui-ci peut alors prétendre à un montant beaucoup plus élevé, de l’ordre de 100 000 €, voire 150 000 €, du fait de la garantie apportée par la mise en hypothèque de son bien immobilier, contre un maximum de 50 000 € à 60 000 €, dans l’autre cas, c’est-à-dire si celui-ci n’est que locataire. Les autres caractéristiques, restent, en revanche, inchangées entre chacune de ces deux solutions, mise à part, bien évidemment, la durée de remboursement, rallongée, dans le premier cas, à 20 ans ou 25 ans, pour un maximum de 8 ans à 10 ans, dans le second.

Permettant, lorsque le total des mensualités devient trop pesant dans le budget d’un foyer, de recouvrer une situation financière saine, le rachat de crédits présente donc l’avantage de réunir chacune des échéances, en une seule et unique échéance, offrant ainsi la possibilité de bénéficier d’une gestion de son compte beaucoup plus lisible et, par conséquent, nettement plus simple. Réduisant considérablement le montant des mensualités, jusqu’à 60 %, selon certains prestataires, il donne l’opportunité de revenir à un taux d’endettement tout à fait raisonnable, proche de 33 % du montant des ressources, seuil généralement fixé comme repère, même si la loi française ne prévoit, dans ce cas-là aucun maximum légal.

Ces rachats de crédits sont, en principe, proposés à des taux variables, toutefois, bien inférieurs à ceux des crédits à la consommation et, surtout, à ceux des crédits renouvelables, principales formules à faire l’objet de ce genre de regroupement. Proposant des taux élevés, souvent jugés abusifs, ces deux formes de prêts peuvent, en effet, parfois mettre en difficulté certains ménages, d’autant plus qu’ils sont généralement accordés sans avoir donné lieu à une vérification scrupuleuse de la solvabilité de ces derniers, conduisant ainsi, certains d’entre eux, à un endettement trop important par rapport à leur capacité de remboursement.

Consciente de ce phénomène, Christine Lagarde, Ministre de l’Economie, a récemment mis en place plusieurs mesures qui devraient venir un peu éclaircir cette situation, en contraignant les établissements bancaires à informer davantage les consommateurs et, surtout, à veiller à ne délivrer ces prêts qu’aux personnes capables d’en assumer les conséquences.